Norvège : Quand le sort s'acharne (Faut-il écouter les signes ?)
- Steves Doupeux
- 28 août 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 janv.
Mercredi 4 août.
Le moteur tourne. La clé est dans le contact. Nous sommes prêts. Mentalement, je suis déjà là-bas. Je vois les fjords, je sens l'air froid du cercle polaire.
Pourtant, la bataille a commencé avant même le premier kilomètre. Nous partons déjà avec du retard, usés par une histoire de conformité de gaz qui a failli annuler le voyage avant même qu'il ne commence.
Mais nous avons tenu bon. Nous sommes partis.
Acte 1 : Le Faux Départ
À peine lancés, le réel nous rattrape une seconde fois.
Un bruit. Un voyant.
Alors que nous devions avaler les kilomètres vers le Nord, nous nous retrouvons à l'arrêt, un café tiède à la main, dans la salle d'attente d'un garage Citroën de Quimper. Verdict : plaquettes de freins mortes.
C’est le deuxième coup dur.
La frustration est là. On commence à s'agiter, mais on encaisse, on accepte, on répare et on repart. On traverse la Belgique, puis la Hollande. Le mauvais œil est resté au garage. Mais non !
Encore un coup dur
Alors que nous allons passer la nuit sur un parking en Allemagne, que le moral est remonté... mon téléphone vibre.
« Votre billet de ferry est annulé. »
Je suis dégoûté et Caro aussi.
D'abord la menace du Covid et la fermeture des frontières, puis la conformité de gaz, les plaquettes de freins… et maintenant, bloqués au milieu de l'Allemagne sans bateau pour traverser.
Et forcément, dans ces moments-là, tu ne peux pas t’empêcher de te dire :
« Et si c'était un signe ? »
La dictature des "Signes"
Vous connaissez cette petite musique. Quand vous êtes sur le point de faire quelque chose d'important pour vous — lancer ce projet, partir en voyage, appeler cette personne — et que tout semble se liguer contre vous, étape par étape.
Les amis vous disent : « Écoute les signes, Steves. Le gaz, les freins, et maintenant le ferry... L'Univers te dit de rentrer. »
À ce moment précis, j'ai envie de tout annuler. J'ai envie de dire : "Ok, j'ai compris. On rentre à la sécurité."
Mon Vieux Grincheux (cette partie de mon cerveau programmée pour la survie et le confort) exulte. Il a enfin des arguments "rationnels" pour m'empêcher de sortir de ma zone de confort. « Tu vois ? Je te l'avais dit. C'est dangereux. C'est compliqué. Reste ici. »
C'est là que se situe le piège. C'est ici que se joue la différence entre exister (subir ses peurs) et Vivre (choisir sa voie).
Faut-il écouter les signes ?
Nous avons dû faire appel au discernement pour ne pas sombrer dans la résignation. Nous avons regardé les faits bruts, sans le filtre de la peur, sans l’influence de tous les messages que nous recevions des réseaux sociaux alors que nous partagions nos aventures. Et nous nous sommes posés la question: faut-il écouter les signes ?
Qu'est-ce qui s'est réellement passé ?
Le problème de gaz nous a retardés. Ce retard nous a permis de découvrir l'usure des freins ici, dans un garage, plutôt que de perdre les freins dans une descente vertigineuse en Norvège sous la pluie.
Ce que notre peur (et celle de bon nombre de personnes qui nous suivaient) interprétait comme un "Stop, danger !" était en réalité un "Attends, on sécurise le périmètre avant le grand saut", ou peut-être encore un : « Êtes-vous vraiment déterminés à réaliser ce projet ? »
La leçon que je retiens de ce départ chaotique, et que je veux vous transmettre aujourd'hui, est celle-ci : La vérité est toujours celle qui nous arrange.
Si vous avez peur, vous interpréterez l'obstacle comme un signe d'arrêt.
Si vous êtes engagé, vous interpréterez l'obstacle comme une opportunité de vous préparer mieux.
Les "signes" n'existent pas en tant que tels. Ce sont des miroirs. Ils ne reflètent que l'état de notre monde intérieur. La question n'est pas tant : Faut-il écouter les signes, que de savoir l'interprétation que nous voulons leur donner.
Passer le cap
Nous avons cherché une solution depuis l'Allemagne. Nous avons trouvé un autre ferry. Nous avons roulé à travers le Danemark. Nous avons été contrôlés aux douanes. Mais nous sommes passés.
Si j'avais écouté le "sort", si j'avais laissé mon Vieux Grincheux tenir le volant en Allemagne, nous serions rentré en France, avec nos regrets pour seule compagnie.
Alors, la prochaine fois que le sort semble s'acharner sur votre projet, posez-vous cette question radicale :
« Quelle partie de moi est en train d'interpréter ce qu'il se passe ? Est-ce ma peur qui cherche une excuse pour abandonner, ou mon courage qui cherche une solution pour avancer ? »
Ne vous contentez pas d'exister en attendant que les feux passent au vert. Ils ne le seront jamais tous en même temps.
Choisissez de Vivre.
Steves
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