Van Life en Norvège : Quand le rêve tourne au cauchemar (avant la délivrance)
- Steves Doupeux
- 29 nov. 2020
- 3 min de lecture
On a tous cette image d'Épinal de la "Van Life en Norvège : des aurores boréales, des feux de camp sur la plage et une liberté absolue.
C'est ce qu'on vous vend sur Instagram.
Mais la réalité, surtout quand on est entrepreneurs nomades, c'est que la route peut parfois nous user.
Aujourd'hui, sans jamais nous plaindre, mais pour dire la vérité sur notre vie nomade, je vous emmène avec nous pour une étape cruciale de notre périple en Norvège : l'arrivée au mythique Cap Nord. Mais attention, ce ne sera pas qu'une carte postale. C'est l'histoire d'un craquage complet, d'une leçon de vie et d'une rédemption inattendue.
Les obstacles s'accumulent
Notre voyage en Norvège a été magique : orques, baleines, paysages à couper le souffle. Mais après plus de 8 000 km et 200 tunnels, la fatigue s'installe.
Tout commence par les imprévus "classiques" du voyage. Alors qu'on file vers Alta, une voiture de police nous barre la route. Un rocher s'est effondré, la route est détruite. Résultat ? Un détour interminable, un ferry à attendre au milieu de la nuit et une arrivée sur le spot à 4h du matin pour un lever à 8h.
Quand on travaille sur la route, ce manque de sommeil est un poison lent.

Le poids invisible du Digital Nomad
C'est là que le piège se referme.
Le lendemain matin, face à l'océan, alors que tout devrait être parfait, la cocotte-minute explose.
Steves, qui souffre déjà physiquement de son dos, porte aussi le poids de nos entreprises sur ses épaules. La gestion des imprévus, le montage vidéo, les clients... tout ça dans quelques mètres carrés. Ce matin là, juste avant de rejoindre le cap nord, Steves perd plus d'une semaine de travaille à cause d'un bug informatique. Et là, la fatigue cumulé, les kilomètres et peut être aussi le sentiment de frustration d'être arrivé au bout de ce périble sans en avoir assez profiter, mène à un craquage émotionnel.
L'arrivée au Cap Nord, qui devait être une fête, devient soudainement une source de stress. C'est le symbole de la fin du voyage, et au lieu de la joie, c'est la frustration qui sort. Steves n'a même pas envie de sortir du van. Pris dans une tempête émotionnelle et malgrès ses années d'expérience en gestion des émotions il n'arrive pas à calmer. Il ne veut plus voir le Cap Nord.
Il se "punit".
Le signe du destin
Je (Caroline) me retrouve seule face à voir ce globe de fer qui synbolise le cap nord. Et alors que je rejoins Steves dans le fourgon aménagé, il me dit :
"Je viens de recevoir un SMS de Sarah et Rémy - un jeune couple de voyageurs rencontré quelques jours plus tôt autour d'un feu de camp - Ils sont en panne, perdus sur le bord de la route, pas loin d'ici et il nous demandent des venir les chercher sinon il ne pourront pas voir le cap nord."
Steves, malgré son envie de fuir, ne peut pas les laisser là.
Nous faisons demi-tour pour aller les aider et nous revenons au cap nord pour qu'il puissent en profiter. Et c'est ce demi-tour qui va tout changer. Ce service rendu aux autres agit comme une "deuxième chance". En revenant vers le Cap Nord avec eux, la colère retombe.
La perspective change.
La leçon du Cap Nord par Steves (Van life en Norvège)
C'est assez ironique : mon métier, c'est d'aider les autres à gérer leurs émotions, et pourtant, ce jour-là, j'étais incapable de m'appliquer mes propres conseils. J'étais enfermé dans une boucle infernale, complètement auto-centré. Je ne voyais que ma fatigue, ma frustration, mon envie de tout plaquer.
C'est le SMS de détresse de Sarah et Rémy qui a été ma bouée de sauvetage, alors qu'il me demandaient de l'aide !
Au moment où on a fait demi-tour pour aller les aider, il s'est produit un basculement mécanique dans mon cerveau. Pour être utile à l'autre, j'ai été obligé d'arrêter de me regarder le nombril.
C'est un enseignement puissant que je veux vous transmettre ici : l'antidote le plus efficace au mal-être, c'est la contribution.
Quand on souffre, on a tendance à se replier sur soi, à analyser nos pensées en boucle. Mais tant qu'on reste le centre de notre attention, la douleur persiste. En allant tracter leur van, mon focus a changé de cible. Je ne pensais plus à "mon problème", mais à "leur solution".
Cette action altruiste m'a littéralement "sorti de ma tête". En me mettant au service de quelqu'un d'autre, j'ai dissous mon ego et mes tensions. C'est grâce à eux, finalement, que j'ai pu m'offrir cette deuxième chance et apprécier, apaisé, notre arrivée au Cap Nord.
Parfois, pour se retrouver soi-même, il faut commencer par se tourner vers les autres.
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