Randonnée au Preikestolen : Quand mon dos a failli tout arrêter (et pourquoi j'ai continué)
- Steves Doupeux
- 27 sept. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 janv.
Quand on prépare un road trip en Norvège, il y a des images qui s'imposent à nous comme des évidences. Le Preikestolen, ce rocher carré suspendu à 604 mètres au-dessus du Lysefjord, est de celles-là.
C’est l'image d'Épinal de la Norvège. Celle qu'on voit partout sur Instagram. Celle qui nous vend du rêve.
Mais comme souvent en VanLife, il y a un fossé entre la photo sur papier glacé et la réalité du terrain. Aujourd'hui, je vous emmène dans les coulisses de cette ascension mythique qui a failli tourner court. Car ce jour-là, mon pire ennemi n'était pas le dénivelé, mais mon propre corps.
L'échauffement : Des épées et des fjords

Notre aventure commence pourtant en douceur. Après avoir découvert notre tout premier fjord à Lysebotn (une claque visuelle !), nous faisons halte à Stavanger.
Ici, l'histoire des Vikings est palpable. Nous nous sentons minuscules au pied des "Sverd i fjell", ces trois épées géantes plantées dans la roche. Jusque-là, le voyage est une balade de santé. José, notre fourgon, avale les kilomètres, et nous profitons des paysages. Nous sommes confiants. Peut-être un peu trop.
L'ascension : Le moment où tout bascule
Le lendemain, nous sommes au pied du sentier qui mène au Pulpit Rock. Sur le papier, c'est une randonnée "populaire". Mais dès les premiers mètres, les marches en pierre irrégulières mettent les organismes à rude épreuve.
Je souffre d'une hernie discale qui me laisse rarement tranquille, mais je gère. On avance, on grimpe. Je veux capturer chaque instant pour notre vlog.
Et soudain, c'est le drame.
Alors que je me baisse simplement pour poser ma caméra au sol et faire un plan de notre ascension, je m'écroule dans un cri de douleur. C'est fulgurant. Comme un coup de poignard dans les lombaires. Ma douleur de dos vient de me mettre littéralement à terre.
Je reste là, prostré sur les pierres, incapable de bouger.
Le souffle coupé, les larmes aux yeux. Il me faudra de longues minutes pour m'en remettre, juste pour réussir à me relever. À cet instant précis, le sommet semble inaccessible. L'idée de faire demi-tour traverse mon esprit.
Comment grimper encore 300 mètres quand on ne peut même plus se pencher ?
Le sommet : Une victoire sur soi-même
Mais on ne fait pas tout ce chemin pour abandonner sur un caillou. Après la crise, c'est le mental qui prend le relais. Chaque pas est calculé, chaque mouvement est prudent. Je serre les dents.
Et puis, le plateau s'ouvre enfin.

On s'approche du bord, et le vide nous happe. 600 mètres de chute verticale, plongeant droit dans les eaux bleu sombre du fjord.
La vue est... indescriptible. C'est vertigineux, terrifiant et absolument grandiose. Mais si je suis honnête, ce qui me submerge à ce moment-là, ce n'est pas seulement la beauté du fjord. C'est la fierté.
Si on m'avait déposé ici en hélicoptère, j'aurais trouvé ça "joli". Mais parce que j'ai dû me battre contre ma propre douleur, parce que j'ai dû puiser dans mes réserves pour ne pas redescendre, cette vue a une saveur totalement différente. Elle a le goût de la victoire.
Votre mental est plus fort que vous ne le croyez
Cette ascension du Preikestolen restera gravée en moi, non pas pour le paysage, mais pour l'enseignement qu'elle m'a offert : La douleur est inévitable, mais la souffrance est un choix. Et l'abandon aussi.
Parfois, la vie (ou votre corps) vous met à genoux. Vous avez une "hernie" symbolique qui vous paralyse : une peur, un échec, une critique. Vous avez envie de rester à terre.
Mais c'est précisément là que tout se joue. C'est dans la difficulté, dans ce moment où l'on croit avoir atteint sa limite, que l'on découvre sa véritable force.
La prochaine fois que vous ferez face à une épreuve qui vous semble insurmontable, souvenez-vous que le plus dur n'est pas d'arriver au sommet, mais de se relever après la chute.
Et croyez-moi, la vue là-haut vaut chaque grimace.
À très vite sur la route,
Caroline & Steves Pour voir cette aventure en vidéo



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