J'ai tout pour être heureux... et pourtant ! Comprendre l'insatisfaction chronique.
- Steves Doupeux
- 15 déc. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 janv.
"J'ai tout pour être heureux …et pourtant !"
Combien de fois l'as-tu pensé ? Combien de fois l'as-tu entendu dire à ton sujet ? Combien de fois l'as-tu pensé au sujet de quelqu'un d'autre ?
Je me suis même entendu dire :
”Tu n’en as jamais assez, tu es un éternel insatisfait.”
Depuis des années, j'invite chacun à oser réaliser ses rêves et ses grands projets. Pourtant, je m’interroge.
Et si, malgré mon intention de faire le bien, je faisais plus de mal qu’autre chose ?
Parce que si j’ai osé réaliser pas mal de mes projets et de mes rêves, je me suis aussi passionnément abîmé.
Dans cet article, j'apporte quelques précisions à mon message, éclairées par les neurosciences et les sagesses anciennes.
La peur moteur
Au crépuscule de leur vie, beaucoup ont peur de regretter de ne pas avoir vécu vraiment. C’est d’ailleurs le regret de 95% des mourants dont parle Bronnie Ware dans son livre best-seller.
À mon sens, c'est une peur "moteur". Cette peur peut nous donner l'énergie, la force, la détermination de faire face à l'adversité pour aller au bout de nos projets. Mais nous devons toujours être vigilant au piège dans lequel - par nature - il est facile de tomber. .

À mon sens, c'est une peur "moteur". Cette peur peut nous donner l'énergie, la force, la détermination de faire face à l'adversité pour aller au bout de nos projets. Mais nous devons toujours être vigilant au piège dans lequel - par nature - il est facile de tomber.
À trop en faire de peur de passer à côté de sa vie, on finit par passer à côté de LA vie. Combien ont fait un burnout en poursuivant leurs rêves ? Quand on reçoit à longueur de journée des injonctions au bonheur et qu'on compare sa vie à celle des autres sur les réseaux sociaux, il est facile d’alimenter ce qui nous touche tous : l’insatisfaction et l’envie.
L’envie : Une source de souffrance ?
”Tout le monde est insatisfait. Personne ne sait se contenter de ce qu’il a, et c’est cette insatisfaction qui nous pousse à faire tout ce que nous faisons. [...] Il arrive que l’insatisfaction atteigne le degré d’une véritable souffrance.“ — Enseignements du Bouddha
Selon la philosophie bouddhiste, l’attachement à nos désirs est un poison de l’esprit. Lorsque nous sommes attachés à des choses matérielles ou à des résultats spécifiques, cela mène à la jalousie et à la comparaison.
Si l’envie est une source de motivation, la pratique bouddhiste encourage à s’en libérer pour trouver le bonheur dans l'instant présent. Parce que finalement, nous en arrivons tôt ou tard à en vouloir toujours plus.
Neurosciences : Pourquoi sommes-nous si souvent insatisfaits ?
J'ai cherché du côté de la psychologie pour comprendre ce processus.
Il existe plusieurs types de motivation, et certaines sont des pièges pour notre cerveau.
1. La motivation extrinsèque (Le bâton et la carotte)
Elle se réfère à la poursuite de récompenses qui proviennent de sources extérieures.
La Carotte = Argent, promotions, récompenses, reconnaissance sociale…
Le Bâton = Punition, mauvaises notes, rejet social…
Si elle est efficace à court terme, cette forme de motivation n’est pas viable sur la durée. Les études montrent que la motivation extrinsèque limite la production de dopamine, pourtant utile à la créativité et à la mémorisation.
2. La motivation intrinsèque par l’objectif.
Peut-être as-tu déjà fait une séance de visualisation ? Tu es invité à te projeter dans le futur, un futur où tu as atteint ton objectif.
Ton cortex préfrontal est capable d'imaginer ce futur idéal et de créer une expérience si réelle que tu ressens les émotions de la réussite. C'est extrêmement motivant ! Mais il y a deux problèmes majeurs qui expliquent l'insatisfaction chronique.
Problème A : L’insatisfaction au présent
Tant que tu n'as pas atteint l’objectif, une partie de toi n'est pas complètement satisfaite. Comme le souligne l’auteur Petr Ludwig, même si tu avances, il te manque quelque chose "ici et maintenant".
Problème B : L’effet Joy et l'Adaptation Hédonique
Une fois l’objectif atteint (permis, bac, premier client, achat coup de cœur), tu ressens ce que les psychologues appellent “l’effet Joy 🥳”. C’est un shoot de dopamine, une grande satisfaction intense... mais très courte.
Le problème ? Ton cerveau s'habitue immédiatement.
Comprendre l'Adaptation Hédonique
Également connue sous le nom d'adaptation du bonheur, l'adaptation hédonique est un processus psychologique qui nous pousse à nous habituer rapidement aux changements, positifs ou négatifs.
Le cercle vicieux se déroule ainsi :
Nous sommes motivés par un objectif, mais insatisfaits tant qu’il n’est pas là.
Une fois atteint, c’est la grande joie (Effet Joy 🤩).
Très vite, à cause de l’adaptation hédonique, notre niveau de bonheur revient à la "normale".
Il nous faut alors de nouveaux projets et objectifs plus grands pour avoir notre nouveau shoot de dopamine.
Résultat ?
Insatisfactions chroniques,
Frustrations,
Perte de sens,
Épuisement et Burnout.
Comment sortir du piège ?
J’ai souvent fait l’erreur de cumuler les objectifs personnels et professionnels et j’ai pu observer ces mécanismes. Des tas de coachs vous invitent à réaliser vos rêves ou à "faire le million". Je n’ai rien contre, à condition d'être conscient que cela ne suffira jamais à vous rendre heureux durablement.
C’est un puits sans fond.
Alors comment fait-on ? Comment réaliser les projets qui nous tiennent à cœur tout en étant satisfaits dans l’instant présent, avant même de réaliser ces projets ?La solution est simple, mais pas simpliste. Certains l’appellent : La motivation par le chemin.
Je vous explique comment l'activer concrètement dans cet article.



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