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Vaut-il mieux vivre avec des remords ou des regrets ?

  • Photo du rédacteur: Steves Doupeux
    Steves Doupeux
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

Cette question présuppose une douleur dans les deux cas. Mais de quel douleur parle t-on ? Pourquoi serait-il plus juste de choisir les remords que les regrets ?



La différence entre remords et regrets


On peut tenter de définir ce que sont les remords et les regrets.


Le remords naît de l’action. C’est avoir fait, dit, tenté… puis constater que ça a blessé, échoué ou trahi quelque chose d’important. Il y a parfois de la culpabilité, parfois de la honte, souvent une douleur immédiate. C’est la brûlure du geste imparfait.


Le regret, lui, naît de l’inaction. C’est le poids du non-dit, du non-fait, du non-osé. Ce n’est pas toujours une faute morale, mais c’est souvent une blessure existentielle, parce qu’il laisse un vide que l’esprit remplit sans cesse avec une seule question : et si j’avais osé ?



Le piège du soulagement immédiat


C’est là que le piège commence.


À court terme, nous évitons souvent l’action pour nous protéger du possible remords si ça tourne mal : échouer, être jugé, être rejeté, décevoir, perdre.

Alors nous choisissons ce qui semble raisonnable sur le moment : attendre, temporiser, rester à notre place, ne pas faire de vagues.


Sur l’instant, ça soulage émotionnellement.


Mais avec le temps, ce soulagement apparent se métamorphose en une douleur plus profonde : celle de la vie qui aurait pu être. Le paradoxe, c’est qu’en cherchant à éviter la brûlure immédiate d’un possible remords, nous préparons souvent le terrain à la douleur lente, silencieuse et bien plus tenace du regret.

Pourtant le remord peut souvent être soulagé.


On peut apprendre de ses erreurs, ajuster, s’excuser, rebondir... Le regret est plus cruel, parce qu’il n’y a rien à réparer. Rien ne s’est passé. Il ne reste qu’un scénario imaginaire, parfois idéalisé, qui revient hanter les jours ordinaires.


Autrement dit, nous faisons souvent un très mauvais calcul : nous évitons une douleur immédiate qui cicatrise, et nous semons une douleur silencieuse qui s’installe.


Bien sûr, il est possible de travailler à apaiser ses regrets, et j’en parlerai dans mon livre. Mais, autant que possible, le plus sage reste encore d’éviter d’avoir à porter ceux que seule l’inaction fabrique.



La question à se poser


Dans ce sens, oui : il vaut mieux des remords que des regrets.


Mais je ne crois pas que le vrai sujet soit là. Le vrai sujet, c’est plutôt : quel inconfort suis-je en train d’éviter aujourd’hui qui pourrait devenir le regret de demain ?


Peut-être une conversation que tu repousses.

Peut-être une décision que tu sais juste.

Peut-être un projet que tu gardes en toi sans oser te lancer.

Peut-être une vérité que tu n’oses toujours pas dire.


Le temps a cette cruauté : il rend supportables presque tous les remords, mais il donne parfois aux regrets une profondeur irréversible.


Les personnes en fin de vie parlent rarement des erreurs qu’elles ont faites. Elles parlent surtout de la vie qu’elles n’ont pas osé vivre. Le courage émotionnel n’est pas d’éviter la douleur, mais de choisir celle qui ouvre au vivant plutôt que celle qui enferme ?


La question n’est pas théorique.


Elle te regarde peut-être en ce moment même : Qu’est-ce que tu sais devoir oser maintenant, pour ne pas avoir à porter plus tard le poids d’une vie vécue à moitié ?


C'est la question que je me suis posée et qui a motivé ma décision de partir vivre sur les routes américaines pour réaliser un film documentaire.


Je ne veux surtout pas avoir le regret de ne pas avoir osé.


Steves

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